La méthode Impro Supreme

Une démarche structurée pour l’improvisation

Un entraînement artistique centré sur le corps, l’imagination et la clarté du jeu.


Impro Supreme propose un cadre de travail destiné à clarifier le jeu improvisé et à développer une pratique autonome et durable. 

L’entraînement est structuré, précis et reproductible. Le corps et l’imagination y sont travaillés ensemble.

L’improvisation est ici envisagée comme un processus de clarification.

Les effets visibles — aisance, présence, créativité — ne sont pas recherchés pour eux-mêmes. Ils apparaissent comme des conséquences d’un travail mené avec rigueur et continuité.

Il s’agit de clarifier ce que l’on perçoit, ce que l’on fait et ce que l’on choisit — et d’en tirer les conséquences dans le jeu.

C’est à cette condition que l’improvisation gagne en lisibilité, en densité et en consistance artistique.

Une méthode d’entraînement pour l’improvisation

Impro Supreme est un cadre d’entraînement conçu pour être pratiqué dans la durée.

Les exercices servent un travail de fond sur la perception, l’action et le choix en situation improvisée.

La méthode Impro Supreme met l’accent sur :

  • la régularité plutôt que la nouveauté,
  • la précision plutôt que la quantité,
  • et l’entraînement individuel comme base du travail.

L’objectif n’est pas d’enchaîner des expériences, mais de développer une pratique :

savoir quoi travailler, comment le travailler — et être capable de faire évoluer ce travail dans le temps.

Le corps comme point de départ

Dans la méthode Impro Supreme, le corps n’est pas un support de l’imagination. Il en est la source.

Tout ce qui se passe sur scène commence par la réalité physique : une posture, un déplacement, une tension, un rythme, une respiration. Avant même qu’une idée apparaisse, quelque chose est déjà en train de se faire.

Travailler à partir du corps, c’est partir de ce qui est déjà là, de ce qui est en train de se produire. Ce que vous faites précède ce que vous pensez.

Quand l’imagination précède l’action, le corps se réduit souvent à illustrer des décisions déjà prises. La méthode Impro Supreme prend le chemin inverse. Elle part des sensations, des appuis, du mouvement, de la présence dans l’espace.

Concrètement, le travail suit ce mouvement :

sensations → émotions → imagination → action

Non comme une théorie, mais comme une réalité observable. La précision du jeu, la clarté des choix et la qualité de présence en découlent directement.

Improviser, c’est faire des choix

Improviser ne consiste pas à réagir en permanence à ce qui se présente. C’est bien plus que de la repartie.

Improviser, c’est composer spontanément.

  • Composer avec ce que vous faites.
  • Composer avec ce que vous ne faites pas.
  • Composer avec ce qui apparaît — et avec ce qui disparaît.

Sur scène, rien n’est neutre. Une posture, un silence, un regard, un déplacement : tout compte. Le travail consiste à reconnaître cette réalité et à apprendre à s’y engager concrètement, par l’action, pas par le commentaire.

Il ne s’agit pas de trouver de « bonnes idées », ni de se raconter une histoire à l’avance. Il s’agit de faire des choix clairs, et de laisser ces choix produire leurs effets dans le jeu.

C’est ce qui rend le jeu lisible. C’est ce qui permet aux partenaires de scène de vous prendre en compte. C’est ce qui permet au public de suivre.

C’est ce qui transforme une suite de gestes en situation, et une situation en matière dramatique.

Improviser, ce n’est pas éviter les conséquences. C’est travailler avec.

Le travail clownesque comme outil de justesse

Dans la méthode Impro Supreme, le travail clownesque n’est pas abordé comme un style, ni comme un univers, ni comme une spécialité à part. Il est utilisé comme un outil de précision pour travailler la relation directe et l’engagement personnel.

Ce travail est directement issu de l’enseignement d’Ira Seidenstein.

Le jeu clownesque permet d’affiner la présence en supprimant les protections habituelles : le rôle, la situation, la psychologie, le « personnage bien construit ». Il oblige à apparaître tel que l’on est, en train d’agir, ici et maintenant.

C’est un travail sur l’acceptation de ce qui se voit — sans ambiguïté : ce que vous faites, comment vous le faites, et l’effet que cela produit.

Il engage la personne avant le personnage, la préférence avant la stratégie, la volonté avant l’intention.

Dans ce cadre, l’humour n’est pas recherché comme un effet, mais observé comme un indicateur. Il signale un endroit juste, exposé, assumé. Il permet d’ajuster le jeu, de régler la relation et de clarifier l’impact.

Le travail clownesque est ainsi intégré à la méthode comme un levier pour développer le courage, la lisibilité et la qualité de présence.

Une pleine conscience active

Dans la méthode Impro Supreme, la conscience est travaillée comme une capacité d’attention en action.

Ce n’est pas un état intérieur, c’est une compétence pratique.

Il s’agit de développer une perception fine de ce qui est là pendant que l’on agit : l’espace, le mouvement, le rythme, la relation, la durée, les changements d’état. Tout ce qui constitue la matière première du spectacle vivant est observé, ressenti et pris en compte en temps réel.

Cette attention n’est ni passive ni contemplative. Elle est engagée, orientée vers le jeu, et directement reliée à l’action. Elle permet de percevoir ce qui se passe réellement, de rester avec ce qui se présente, et d’agir à partir de là.

Ce travail est directement lié aux pratiques issues des Six Viewpoints de la chorégraphe Mary Overlie.

Il ne s’agit pas de produire, ni d’interpréter, ni de commenter. Il s’agit d’apprendre à voir ce qui est en train de se faire, et de laisser cette perspective orienter l’action.

C’est ce qui rend possible un jeu plus disponible, plus précis, plus vivant.

À qui s’adresse cette méthode

La méthode Impro Supreme s’adresse à ceux qui souhaitent approfondir leur pratique plutôt que multiplier les expériences.

À ceux qui ressentent le besoin de clarifier ce qu’ils font sur scène, de structurer leur travail et de développer une autonomie réelle dans leur entraînement.

Elle concerne des personnes déjà engagées dans le jeu scénique — improvisateurs, comédiens, clowns, danseurs — qui ne cherchent pas de nouveaux formats, mais une base plus solide.

Des personnes prêtes à travailler en dehors des stages, à revenir sur les mêmes axes et à observer ce qui se passe réellement dans leur corps, dans leur attention et dans leurs choix.

Ce travail ne demande pas un statut particulier. Il ne demande pas d’être « professionnel ». Il demande une capacité à rester avec l’inconfort, à regarder ce qui est là sans l’esquiver, et à remettre en question ses habitudes de jeu.

La méthode Impro Supreme convient à ceux qui cherchent à :

  • comprendre leurs mécanismes de jeu,
  • relier corps, attention, imagination et action,
  • développer une pratique continue,
  • et travailler avec précision plutôt qu’avec accumulation.

Elle n’est pas conçue pour consommer des expériences, collectionner des techniques ou chercher des effets rapides.

Si vous acceptez que le travail prenne du temps, et que les résultats se construisent par continuité plutôt que par intensité ponctuelle, cette méthode est faite pour vous.

Comment cette méthode se décline

La méthode Impro Supreme ne se transmet pas sous une seule forme.

Elle se décline à travers différents cadres de travail, conçus pour soutenir la pratique à différents moments et avec différentes intensités.

Ces cadres ne sont pas indépendants.

Ils reposent tous sur le même socle : le corps comme point de départ, l’attention comme compétence, l’action comme génératrice de sens.


L’entraînement

L’entraînement constitue le cœur du travail.

Il s’agit d’une pratique régulière, structurée, reproductible, destinée à développer la perception corporelle, la clarté de l’action, la précision du jeu et l’autonomie dans le travail.

L’objectif n’est pas de « réussir » des exercices, mais de construire une relation stable au travail, capable d’évoluer dans le temps.


Les stages

Les stages sont des temps d’intensification.

Ils permettent d’entrer plus profondément dans certains axes de la méthode, de confronter le travail à d’autres corps, d’autres rythmes, d’autres présences.

Ils ne remplacent pas l’entraînement. Ils le nourrissent, le mettent au défi, le relancent.


Les formats avancés

Certains formats sont réservés à ceux déjà engagés dans le travail.

Ils permettent d‘affiner et d’approfondir la méthode dans des zones plus exigeantes. L’accès se fait sur validation, afin de préserver la qualité et la cohérence du travail.


Le travail individuel

Le travail individuel fait partie intégrante de la méthode.

La capacité à s’entraîner seul, à observer ce que l’on fait, à structurer sa recherche est considérée comme une compétence à part entière.

Les accompagnements individuels, lorsqu’ils existent, s’inscrivent dans cette logique : soutenir une pratique déjà engagée, pas la remplacer.

En somme

La méthode Impro Supreme ne propose pas de raccourcis.

Elle offre un cadre de travail pour ceux qui souhaitent clarifier leur jeu, affiner leur présence et développer une pratique autonome dans la durée.