Jouer avec ce qui est là

Le jeu clownesque ne commence ni avec un personnage, ni avec une idée drôle, ni avec une identité à trouver.

Il commence avec ce que vous faites.

Un geste, une hésitation, un regard, un déplacement, une manière d’être là. Ce qui est déjà en train de se produire suffit. Il n’y a rien à inventer, rien à ajouter.

Le jeu clownesque consiste à voir ce que vous faites, à l’assumer, et à jouer avec.

Il ne s’agit pas de « devenir clown », ni d’exprimer une intériorité, ni de révéler une part cachée de soi. Il s’agit de prendre au sérieux la réalité de vos actions et d’en tirer des conséquences dans le jeu.

C’est une pratique de relation directe à ce qui est en train de se passer : à vos actions, à leurs effets, et à ce qu’elles donnent à voir.

Le jeu clownesque ne cherche pas l’effet, ni la profondeur, ni la drôlerie.

Il travaille la clarté.

Ce que vous faites, comment vous le faites, et ce que cela raconte.

Une discipline de précision

Dans Impro Supreme, j’utilise le travail clownesque comme un outil de précision.

Il sert à rendre visible ce qui passe habituellement inaperçu : les hésitations, les élans, les évitements, les transitions floues. Il agit là où l’on contourne, où l’on arrange, où l’on se protège — souvent sans s’en rendre compte.

C’est un travail qui affine le timing, la décision et l’engagement. Il développe la capacité à soutenir une action simple jusqu’au bout, sans la commenter, sans la décorer, sans la fuir.

Pour les improvisateurs, cela renforce la réactivité et la capacité à transformer de très petites choses en matière de jeu. Pour les acteurs, cela clarifie la présence et rend les choix immédiatement lisibles.

Ce travail n’est pas séparé du jeu d’acteur. Il intervient au niveau du comportement réel : la manière d’entrer, de regarder, de prendre place, d’agir.

C’est précisément à ce niveau que la création devient possible. Pas une construction abstraite, mais une construction vivante : situations, relations, numéros, formes qui tiennent parce qu’elles sont portées par l’action concrète.

Le travail d’Ira Seidenstein est la source de la dimension clownesque dans Impro Supreme. C’est à partir de son enseignement que cette approche s’est structurée, puis intégrée et développée dans l’ensemble de ma pratique.

Articles et réflexions

Bientôt ici : articles et réflexions autour du clown comme pratique de jeu, de perception et de relation directe.

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