Triomphe d’exister – poème d’Edith Södergran

par Caspar Schjelbred

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Étoiles au dessus de la mer pour illustrer un poème d’Edith Södergran.

Triomphe d’exister

Qu’y a‑t-il à craindre ? Je fais par­tie de l’éternité.
Je fais par­tie de la grande puis­sance de l’univers,
un monde soli­taire par­mi des mil­lions de mondes,
à l’instar d’une étoile de pre­mier ordre qui s’éteint en der­nier.
Triomphe de vivre, triomphe de res­pi­rer, triomphe d’exister !
Triomphe de res­sen­tir le temps gla­cial cou­ler dans ses veines
et d’entendre le fleuve silen­cieux de la nuit
et d’être debout sur la mon­tagne sous le soleil.
Je marche sur du soleil, je suis debout sur du soleil,
connais rien d’autre que du soleil.

Temps – trans­for­ma­trice, temps – des­truc­trice, temps – ensor­ce­leuse,
viens-tu avec des nou­veaux stra­ta­gèmes, mille ruses pour m’offrir l’existence
d’une graine minus­cule, d’un ser­pent enrou­lé, d’un rocher au milieu de la mer ?
Temps – ô meur­trière – écarte-toi de moi !
Le soleil rem­plit jusqu’au bord ma poi­trine avec du miel exquis
et dit : un jour toutes les étoiles s’éteindront, pour­tant elles brillent conti­nû­ment sans crainte.


Triumf att fin­nas till… – un poème d’Edith Söder­gran, tra­duit par Cas­par Schjelbred.

L’original, en sué­dois, se trouve dans Sep­tem­ber­ly­ran (1918). Vous pou­vez trou­ver d’autres poèmes d’Edith Söder­gran sur le site La pierre et le sel.

Pho­to : Marek Piw­ni­cki


Publié le 05/02/2021 [ mis à jour le 12/04/2021 ]
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